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Wild dagga (Leonotis leonurus) — Botanique complète

Definition
Leonotis leonurus (L.) R.Br., communément appelé wild dagga ou queue de lion, est un arbuste vivace de la famille des Lamiacées originaire d'Afrique australe. Ses fleurs tubulaires orange vif, disposées en verticilles sphériques denses, et son profil phytochimique dominé par les diterpénoïdes labdanes — notamment la marrubiine et la prémarrubiine plutôt que la léonurine souvent citée (Nsuala et al., 2015) — en font un sujet d'étude ethnobotanique à part entière.
Ce guide s'adresse aux adultes de 18 ans et plus. Les informations botaniques, phytochimiques et ethnobotaniques ci-dessous concernent la physiologie adulte ; cette plante n'est pas appropriée pour les personnes mineures.
Un arbuste austral aux verticilles orange
Si tu t'intéresses à la botanique des plantes à usage ethnobotanique, Leonotis leonurus (L.) R.Br. mérite un arrêt prolongé. Cet arbuste vivace de la famille des Lamiacées — la même que le basilic, le romarin ou le thym — produit des fleurs tubulaires orange vif disposées en verticilles sphériques denses le long de tiges hautes et ligneuses, un spectacle que l'on n'oublie pas une fois qu'on l'a croisé dans le veld sud-africain. On l'appelle communément wild dagga, « queue de lion » ou wilde dagga en afrikaans. Ce dernier nom signifie littéralement « cannabis sauvage » — un clin d'œil à l'usage ancien de fumigation par les communautés Khoïkhoï et San de la région du Cap, même si la plante n'a strictement rien à voir, sur le plan botanique, avec Cannabis sativa. Son aire de répartition naturelle s'étend des prairies et affleurements rocheux du Cap-Occidental jusqu'au KwaZulu-Natal, et remonte dans certaines zones d'Afrique de l'Est tropicale, où elle colonise volontiers les sols perturbés et les bords de route.

Taxonomie et nomenclature
Leonotis leonurus appartient à la famille des Lamiaceae (Lamiacées), aussi appelée famille de la menthe ou des labiées. Le genre Leonotis rassemble environ neuf espèces acceptées, toutes endémiques d'Afrique subsaharienne à l'exception de L. nepetifolia, qui s'est naturalisée à travers les tropiques. L'étymologie du genre vient du grec leon (lion) et ous (oreille) : la corolle soudée évoque vaguement une oreille velue — il faut un peu d'imagination, mais le botaniste qui l'a nommée en avait à revendre. L'épithète spécifique leonurus enfonce le clou : « queue de lion ». Robert Brown a publié le binôme actuel en 1810, mais la plante avait déjà été décrite sous d'autres noms, notamment Phlomis leonurus L. (1753) par Linné lui-même.

On reconnaît généralement deux variétés au sein de l'espèce : L. leonurus var. leonurus, aux feuilles étroites lancéolées et aux fleurs orange classiques, et L. leonurus var. albiflora, une forme à fleurs blanches que l'on croise parfois dans le commerce horticole. Une étude phylogénétique de Makunga et al. (2020) a confirmé que le genre Leonotis forme un clade bien soutenu au sein des Lamiacées, distinct du genre Leonurus (agripaume), d'origine eurasiatique et superficiellement similaire (Makunga et al., 2020). Confondre les deux genres est une erreur étonnamment fréquente dans la littérature ethnobotanique grand public — et pas seulement chez les débutants.
Morphologie — À quoi ça ressemble concrètement
Le wild dagga est un arbuste semi-ligneux qui atteint couramment 1 à 3 mètres de hauteur, bien que des spécimens dépassant 4 mètres aient été documentés dans des sites abrités et bien irrigués. Les tiges sont carrées en coupe transversale — un trait classique des Lamiacées — et deviennent ligneuses et cassantes avec l'âge. Les feuilles, opposées, sont étroitement lancéolées à ovales, longues de 5 à 10 cm, avec des marges crénelées (festonnées). Tiges et feuilles portent un revêtement de trichomes fins qui confère à la plante une texture légèrement rugueuse et aromatique au toucher.

Les fleurs constituent le point fort. Elles sont disposées en verticillastres denses et sphériques, espacés à intervalles réguliers le long de la tige supérieure. Chaque verticille contient 20 à 40 fleurs individuelles. Chaque fleur est une corolle tubulaire bilabiée, typiquement longue de 40 à 50 mm, densément couverte de poils orange fins. La lèvre supérieure est en capuchon, fortement arquée ; la lèvre inférieure est petite et trilobée. La floraison culmine en automne austral (mars–mai), mais dans les jardins hors gel, la plante peut fleurir de façon sporadique toute l'année. Dans son milieu naturel, la pollinisation est assurée principalement par les souimangas (famille des Nectariniidae), dont le bec long et incurvé épouse presque exactement le tube de la corolle — un cas d'école d'ornithophilie (Geerts & Pauw, 2009).
Le fruit est un ensemble de quatre nucules enfermées dans le calice persistant, qui durcit en une coupe épineuse après la chute des pétales. Les graines sont petites, brun foncé et grossièrement triangulaires.
Phytochimie — Les composés à l'intérieur
Si tu as lu quelque part que « la léonurine est le principe actif du wild dagga », il est temps de corriger le tir. La classe de composés bioactifs dominante chez L. leonurus est celle des diterpénoïdes de type labdane, en particulier la marrubiine et la prémarrubiine. La chimie de cette plante est étudiée depuis les années 1930, mais le tableau reste incomplet. La léonurine, un pseudo-alcaloïde (techniquement un 4-guanidino-n-butylsyringate), a été isolée à l'origine du genre apparenté Leonurus. Sa présence réelle dans L. leonurus à des concentrations pharmacologiquement pertinentes reste discutée : un criblage phytochimique réalisé par Oyourou et al. (2009) ne l'a détectée qu'à l'état de traces dans le matériel foliaire, tout en trouvant des concentrations bien plus élevées de marrubiine et de prémarrubiine (Oyourou et al., 2009).

Parmi les autres classes de composés identifiés, on trouve des flavonoïdes (notamment des glycosides d'apigénine et de lutéoline), des glycosides iridoïdes et des terpénoïdes volatils responsables de l'odeur âcre et légèrement résineuse de la plante. Une étude plus récente par LC-MS menée par Nsuala et al. (2015) a identifié plus de 30 métabolites secondaires dans des extraits éthanoliques de feuilles, la marrubiine et les esters de népétoïdine étant les plus abondants (Nsuala et al., 2015). C'est donc la fraction diterpénoïde — et non la léonurine — qui constitue la classe bioactive dominante selon les données analytiques actuelles, bien que la pharmacologie des composés individuels soit encore cartographiée dans des modèles cellulaires et animaux plutôt que dans des essais humains.
En résumé : l'affirmation populaire selon laquelle « la léonurine est le composé actif du wild dagga » est une simplification excessive. La chimie réelle est plus variée, et le composé le plus associé à la réputation traditionnelle de la plante pourrait en fait n'être qu'un constituant mineur.
Comparaison avec des espèces proches de Lamiaceae
Leonotis leonurus est le plus souvent confondu avec deux parents : Leonotis nepetifolia (klip dagga) et Leonurus cardiaca (agripaume). Le tableau ci-dessous résume les différences clés, utiles pour identifier la plante sur le terrain ou vérifier ce que contient un produit ethnobotanique.
| Caractéristique | L. leonurus (wild dagga) | L. nepetifolia (klip dagga) | Leonurus cardiaca (agripaume) |
|---|---|---|---|
| Famille | Lamiaceae | Lamiaceae | Lamiaceae |
| Cycle de vie | Arbuste vivace | Annuelle ou vivace de courte durée | Vivace herbacée |
| Forme des feuilles | Étroites, lancéolées | Larges, cordées (en cœur) | Palmées, profondément lobées |
| Couleur des fleurs | Orange vif (blanc chez var. albiflora) | Orange, parfois plus pâle | Rose à violet pâle |
| Aire d'origine | Afrique australe | Afrique tropicale, désormais pantropicale | Europe centrale et Asie |
| Diterpénoïde principal | Marrubiine | Marrubiine (concentration plus faible) | Léonurine (confirmée) |
| Hauteur | 1–3 m (jusqu'à 4 m) | 0,5–2,5 m | 0,5–1 m |
La distinction a son importance : si tu reçois un produit à base de Leonotis avec des feuilles larges en forme de cœur, il s'agit probablement de L. nepetifolia et non de L. leonurus. Les deux espèces sont utilisées traditionnellement, mais leurs profils phytochimiques diffèrent en concentration et en proportion des diterpénoïdes clés.
Botanique du wild dagga comparée à celle du cannabis
La botanique de Leonotis leonurus diffère de celle du cannabis à chaque niveau taxonomique au-dessus de l'ordre. Les deux plantes produisent des trichomes résineux et des terpénoïdes aromatiques — la ressemblance s'arrête là. L. leonurus appartient à l'ordre des Lamiales (eudicotylédones) ; Cannabis sativa se situe dans les Rosales. Les trichomes du wild dagga produisent des diterpénoïdes (marrubiine, prémarrubiine) et non des cannabinoïdes, et ses fleurs sont zygomorphes (à symétrie bilatérale) plutôt que les petits glomérules anémophiles du cannabis. L'aperçu de l'EMCDDA (2023) sur les nouveaux produits à base de plantes souligne que de nombreuses plantes commercialisées aux côtés du cannabis ne partagent aucun chevauchement pharmacologique avec le THC ou le CBD, et le wild dagga en est un exemple limpide (EMCDDA, 2023).

| Trait botanique | Leonotis leonurus | Cannabis sativa |
|---|---|---|
| Famille | Lamiaceae | Cannabaceae |
| Ordre | Lamiales | Rosales |
| Section de la tige | Carrée | Ronde (côtelée) |
| Symétrie florale | Zygomorphe (bilabiée) | Actinomorphe / réduite |
| Pollinisation | Ornithophilie (souimangas) | Anémophilie (vent) |
| Métabolites secondaires clés | Diterpénoïdes labdanes, flavonoïdes | Cannabinoïdes, monoterpénoïdes |
| Produit des trichomes | Marrubiine, prémarrubiine | THC, CBD, CBG |
Habitat, écologie et culture
L. leonurus prospère dans des sols bien drainés, sableux ou limoneux, en plein soleil, à travers toute son aire sud-africaine. Une fois établi, il tolère remarquablement la sécheresse — il traverse sans broncher les hivers secs du biome fynbos du Cap-Occidental. Le South African National Biodiversity Institute (SANBI) classe l'espèce en « Préoccupation mineure » ; elle est commune le long des routes, dans les terres agricoles abandonnées et en lisière de forêt indigène (SANBI, 2023). Elle supporte les sols pauvres et les gelées légères (jusqu'à environ −3 °C brièvement), ce qui en a fait une plante populaire dans les jardins à climat méditerranéen en Californie, dans le sud de l'Australie et dans le sud de l'Europe.

En dehors de son aire d'origine, L. leonurus peut devenir légèrement envahissant — il se ressème librement en sol perturbé et a été signalé comme adventice environnementale mineure dans certaines parties d'Hawaï et de la côte californienne. En culture européenne, il se comporte généralement bien : il meurt en hiver rigoureux et repart de la souche au printemps si les températures restent au-dessus d'environ −5 °C. Il pousse vite à partir de graines (germination en 14 à 21 jours à 20 °C) et peut atteindre la taille de floraison en une seule saison de croissance. Dans le sud de la France — Provence, Languedoc, Côte d'Azur — il se plaît particulièrement bien en pleine terre, à condition de lui offrir un drainage correct.
Usage traditionnel en Afrique australe
Les communautés Khoïkhoï de la région du Cap fumaient les feuilles et les fleurs de L. leonurus bien avant le contact européen, une pratique documentée par les colons dès le XVIIe siècle. Le nom zoulou umunyane et le nom xhosa umfincafincane apparaissent tous deux dans des sources ethnographiques du XIXe siècle. La revue de Nsuala et al. (2015) catalogue les préparations traditionnelles : décoctions de feuilles appliquées en topique pour les affections cutanées, infusions de fleurs prises par voie orale en cas de fièvre, et matériel floral séché fumé seul ou mélangé à d'autres herbes. Dans une enquête transversale de 2021 menée auprès de praticiens de médecine traditionnelle dans le Cap-Oriental, L. leonurus figurait parmi les dix plantes les plus fréquemment citées, principalement dans le contexte de préparations topiques et de mélanges à fumer (Chanyandura et al., 2021).

Soyons clairs : la base de preuves évaluées par des pairs pour des effets pharmacologiques spécifiques chez l'humain est mince. La plupart des études publiées sont des travaux in vitro ou sur modèle rongeur. Aucun essai contrôlé randomisé chez l'humain n'avait été publié début 2026. La réputation de la plante repose presque entièrement sur la documentation ethnographique et le rapport anecdotique — c'est honnête, mais c'est aussi la réalité pour un grand nombre d'herbes traditionnelles de cette catégorie.
Comment les produits à base de wild dagga sont préparés
Les fleurs et feuilles séchées de wild dagga constituent la préparation la plus courante chez les fournisseurs ethnobotaniques. Les fleurs sont généralement récoltées au pic de la floraison, séchées à l'air à basse température pour préserver la teneur en diterpénoïdes, puis vendues en vrac ou en portions pré-mesurées. Les extraits concentrés — souvent étiquetés 5x, 10x ou 20x — sont produits en extrayant le matériel végétal séché avec de l'éthanol ou un autre solvant de qualité alimentaire, puis en évaporant le solvant et en redéposant l'extrait concentré sur un volume réduit de matériel foliaire. Le chiffre « x » indique le rapport entre le poids de matière première de départ et celui du produit fini.

La comparaison avec le cannabis est trompeuse. Les deux plantes ne partagent aucune chimie commune, et l'expérience subjective décrite dans la littérature ethnographique est tout autre. Il est plus pertinent de situer le wild dagga parmi les autres préparations douces de Lamiacées — pense à quelque chose de plus proche d'une tisane herbacée corsée que de quoi que ce soit rappelant un effet cannabinoïde. Comme le note l'EMCDDA dans son aperçu des nouveaux produits à base de plantes, de nombreuses plantes commercialisées comme « alternatives au cannabis » présentent des profils pharmacologiques sans aucune ressemblance avec le THC ou le CBD (EMCDDA, 2023).
Combustion et précaution respiratoire
Brûler n'importe quelle herbe séchée — que ce soit du tabac, du cannabis, de la damiana ou du wild dagga — produit du goudron, du monoxyde de carbone et des particules fines. Il n'existe pas de méthode d'inhalation par combustion « sûre ». La vaporisation à des températures plus basses réduit (sans éliminer) l'exposition aux particules ; la filtration par l'eau refroidit la fumée mais ne filtre pas significativement le goudron. Toute personne souffrant d'asthme, de BPCO ou d'autres affections respiratoires devrait éviter totalement l'inhalation de matériel végétal brûlé.

Cet article est un contenu éducatif, pas un avis médical. Les usages traditionnels et cérémoniels sont décrits à des fins de contexte culturel et historique. Les plantes peuvent interagir avec des médicaments et ne remplacent pas un suivi professionnel. Si tu es enceinte, si tu allaites, si tu prends des médicaments sur ordonnance ou si tu gères une condition de santé, consulte un professionnel de santé qualifié avant toute utilisation.
Références
- Chanyandura, J.T., Egan, B. et al. (2021). Social pharmacology and the most commonly used medicinal plants in the Eastern Cape, South Africa. Frontiers in Pharmacology, 12, 735820.
- EMCDDA (2023). European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction — Novel herbal products overview. Lisbon : EMCDDA.
- Geerts, S. & Pauw, A. (2009). African sunbirds hover to pollinate an invasive hummingbird-pollinated plant. Oikos, 118(4), 573–579.
- Makunga, N.P. et al. (2020). Phylogenetic placement and phytochemical review of Leonotis (Lamiaceae). South African Journal of Botany, 130, 156–165.
- Nsuala, B.N., Enslin, G. & Viljoen, A. (2015). « Wild cannabis » : A review of the traditional use and phytochemistry of Leonotis leonurus. Journal of Ethnopharmacology, 174, 520–539.
- Oyourou, J.N., Combrinck, S., Regnier, T. & Marston, A. (2009). Purification, stability and antifungal activity of marrubiin from Leonotis leonurus. Phytochemistry Letters, 2(4), 186–189.
- SANBI (2023). Leonotis leonurus (L.) R.Br. Red List of South African Plants. South African National Biodiversity Institute.
Dernière mise à jour : avril 2026
Questions fréquentes
11 questionsLe wild dagga est-il apparenté au cannabis ?
Quel est le principal composé actif de Leonotis leonurus ?
Peut-on cultiver le wild dagga en Europe ?
Quelle est la différence entre Leonotis leonurus et Leonotis nepetifolia ?
Existe-t-il des essais cliniques humains sur le wild dagga ?
Où puis-je acheter des fleurs et des extraits de wild dagga ?
Quels sont l'odeur et le goût du wild dagga ?
Le wild dagga est-il identique à l'agripaume ?
En quoi la botanique du wild dagga Leonotis leonurus diffère-t-elle des autres arbustes Lamiaceae ?
Qu'est-ce qui pollinise le wild dagga à l'état sauvage ?
Puis-je commander de l'extrait de wild dagga en ligne ?
À propos de cet article
Adam Parsons est un rédacteur, éditeur et auteur expérimenté dans le domaine du cannabis, qui contribue depuis longtemps à des publications spécialisées. Son travail couvre le CBD, les psychédéliques, les plantes ethnobo
Cet article wiki a été rédigé avec l’aide de l’IA et relu par Adam Parsons, External contributor. Supervision éditoriale par Joshua Askew.
Avertissement médical. Ce contenu est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé qualifié avant d'utiliser toute substance.
Dernière relecture le 26 avril 2026
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