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Tableau des carences du cannabis : diagnostic par feuille

Definition
Un tableau des carences du cannabis relie chaque symptôme foliaire au nutriment probablement en cause, en s'appuyant sur la mobilité de chaque élément dans la plante (Marschner, 2012). Avant tout diagnostic, vérifie le pH de la zone racinaire : la majorité des «carences» observées sont en réalité des blocages de pH.
Ce guide est éducatif et s'adresse à des cultivateurs adultes. Les règles de culture varient selon les pays et les régions, et évoluent régulièrement. Avant de cultiver, vérifie les règles en vigueur dans ta juridiction. Azarius ne fournit pas de conseils formels. Consulte toujours un professionnel qualifié pour toute question de santé, de sécurité ou d'ordre formel liée à la culture.
Le tableau des carences du cannabis en un coup d'œil
Un tableau des carences nutritionnelles du cannabis, c'est un outil de diagnostic qui relie les symptômes visibles sur les feuilles — jaunissement, taches, feuilles en griffe, tiges pourpres — au nutriment le plus probablement en cause. Ça marche parce que le cannabis réagit de manière étonnamment constante d'une génétique à l'autre, et parce que la mobilité de chaque nutriment à l'intérieur de la plante détermine où les dégâts apparaissent en premier. Les nutriments mobiles (azote, phosphore, potassium, magnésium) sont récupérés dans les vieilles feuilles et redirigés vers la nouvelle pousse : les carences se lisent donc en bas de la plante. Les nutriments immobiles (calcium, fer, soufre, zinc, bore, manganèse, cuivre) ne peuvent pas être relocalisés, donc les carences frappent d'abord la nouvelle pousse, en haut (Bugbee, 2004).

Avant de faire confiance au tableau : 9 fois sur 10, ce qui ressemble à une carence est en réalité un blocage de pH. Le cannabis en terre veut une zone racinaire à pH 6,0–6,8 ; en coco et en hydroponie, 5,5–6,2. En dehors de cette fenêtre, les nutriments peuvent être présents dans le substrat, les racines ne peuvent tout simplement pas les absorber (Mills & Jones, 1996). Vérifie toujours le pH et l'EC avant de te lancer à coups d'engrais supplémentaires.
| Nutriment | Mobilité | Où apparaissent les symptômes | Symptômes visibles | Cause fréquente | Correction |
|---|---|---|---|---|---|
| Azote (N) | Mobile | Feuilles basses / anciennes | Vert pâle uniforme virant au jaune, chute des feuilles, canopée basse d'abord | Sous-alimentation en végétatif ; fade naturel en fin de floraison | Augmenter un engrais à dominante N ; en fin de flo, laisser faire — le fade est normal |
| Phosphore (P) | Mobile | Feuilles basses | Feuilles vert bleuté foncé, tiges rouges/pourpres, taches bronze ou violettes, croissance ralentie | Zone racinaire froide (en dessous de 15 °C), pH inférieur à 6,0 en terre | Réchauffer la zone racinaire, corriger le pH, booster le P en floraison |
| Potassium (K) | Mobile | Feuilles basses / milieu | Pointes et bords de feuilles brûlés, jaunissement internervaire, feuilles qui s'enroulent et craquent | Souvent confondu avec un nute burn ; blocage par EC élevée | Rincer, recontrôler l'EC, reprendre à plus faible dose |
| Calcium (Ca) | Immobile | Nouvelle pousse / feuilles hautes | Petites taches brunes ou rouille sur les jeunes feuilles, nouvelle pousse tordue, tiges faibles | Coco sans Cal-Mag ; eau du robinet douce ; pH trop bas | Ajouter du Cal-Mag à 1–2 ml/L, surtout en coco et avec de l'eau osmosée |
| Magnésium (Mg) | Mobile | Feuilles basses / milieu | Jaunissement internervaire (nervures restent vertes), taches rouille, pointes qui s'enroulent | pH bas, eau osmosée, coco sans supplémentation | Sels d'Epsom (1 c. à café / 4 L) ou Cal-Mag ; corriger le pH |
| Soufre (S) | Immobile | Nouvelle pousse / feuilles hautes | Jaune pâle uniforme sur les jeunes feuilles (ressemble à une carence en N mais par le haut) | Blocage par pH élevé ; rare avec des engrais en bouteille | Corriger le pH ; les sels d'Epsom apportent Mg + S ensemble |
| Fer (Fe) | Immobile | Nouvelle pousse / feuilles hautes | Chlorose internervaire jaune vif sur les plus jeunes feuilles, nervures vertes | pH trop élevé (au-dessus de 6,8 en terre, 6,3 en hydro) | Redescendre le pH dans la zone ; fer chélaté en foliaire pour dépanner |
| Zinc (Zn) | Immobile | Nouvelle pousse | Entre-nœuds raccourcis, petites feuilles déformées, jaunissement internervaire | pH élevé ; rare avec un engrais équilibré | Corriger le pH ; complément en oligo-éléments si persistant |
| Manganèse (Mn) | Immobile | Nouvelle pousse | Jaunissement internervaire avec petites taches nécrotiques brunes | pH élevé ; excès de fer qui bloque l'absorption | Correction du pH ; vérifier qu'on ne surdose pas le Fe |
| Bore (B) | Immobile | Apex de croissance | Nouvelle pousse tordue et épaissie, apex morts, tiges creuses | Substrat trop sec (le bore circule avec l'eau), eau osmosée | Arroser régulièrement ; traces de bore dans un micro-mix équilibré |
| Cuivre (Cu) | Immobile | Nouvelle pousse | Feuilles vert bleuté très foncé avec reflets violets, flétrissement malgré un substrat humide | Très rare ; blocage par pH élevé | Correction du pH ; complément en oligo-éléments |
Pourquoi la mobilité dicte l'endroit où regarder
La mobilité te dit où chercher en premier : les nutriments mobiles abîment les vieilles feuilles, les immobiles abîment la nouvelle pousse. C'est le réflexe de diagnostic le plus utile sur cannabis : regarde quelles feuilles sont touchées avant de deviner le nutriment. Les nutriments mobiles circulent par le phloème ; quand la plante manque d'azote, elle récupère ce qu'elle a dans les plus vieilles feuilles et le redirige vers la nouvelle pousse. Le jaunissement se voit donc en bas. Les nutriments immobiles — le calcium et le fer en tête, ceux que tu rencontreras le plus souvent — ne peuvent plus être déplacés une fois fixés dans les tissus anciens. Le manque apparaît sur les feuilles du haut, parce que la plante n'arrive tout simplement pas à les construire correctement (Marschner, 2012).

Intègre ce réflexe et la moitié du tableau se diagnostique toute seule. Feuilles basses jaunes = probablement azote. Feuilles hautes jaunes = probablement fer ou calcium, et presque toujours un problème de pH plutôt qu'un vrai manque dans l'engrais.
Le blocage de pH — ce qui n'est pas une carence
Le blocage de pH, c'est quand des nutriments pourtant correctement dosés deviennent chimiquement indisponibles pour les racines, parce que le pH de la zone racinaire a glissé hors de la fenêtre utile. La disponibilité des nutriments est une courbe dépendante du pH. Le fer, le manganèse, le zinc et le phosphore précipitent tous au-dessus de pH 6,5–6,8 en substrat hors-sol ; le calcium et le magnésium ont du mal en dessous de 5,5. Tu peux servir un mélange parfait et voir apparaître une carence en fer de manuel, simplement parce que ton drainage est à 7,2 (Bugbee, 2004).

Les fourchettes cibles qu'on tient dans notre propre chambre de culture :
- Terre : pH 6,0–6,8, EC 1,0–1,8 mS/cm en végétatif, jusqu'à 2,2 en floraison
- Fibre de coco : pH 5,8–6,2, EC 1,2–2,0 mS/cm, nourrir à chaque arrosage avec du Cal-Mag
- Hydroponie (DWC/NFT) : pH 5,5–6,0, EC 1,2–1,8 mS/cm, réservoir contrôlé chaque jour
Limite honnête : un pH-mètre bas de gamme qui n'a pas vu de solution d'étalonnage depuis un mois te mentira de 0,3 à 0,5 point, ce qui suffit largement à simuler un blocage qui n'existe pas. Calibre avant chaque lecture de diagnostic, ou ne fais pas confiance au chiffre. Si tu t'achètes un pH-mètre, prends-en un correct avec solutions d'étalonnage dans la boîte — il se rembourse la première fois qu'il sauve une plante.
Si les symptômes apparaissent simultanément sur plusieurs nutriments — fer et calcium en même temps, par exemple — c'est quasiment certain que le substrat est hors plage. Corrige le pH d'abord, attends 3 à 4 jours, puis relis la plante.
Les trois confusions qui piègent tout le monde
Trois tableaux sont mal diagnostiqués plus souvent que tous les autres : le nute burn pris pour une carence en potassium, le manque de Cal-Mag en coco pris pour un jaunissement générique, et le fade naturel de floraison pris pour une carence en azote.

Nute burn contre carence en potassium. Les deux te donnent des pointes brûlées. Le nute burn démarre uniformément sur toute la canopée quand l'EC est trop élevée ; la carence en K commence sur les feuilles basses avec un jaunissement internervaire qui s'insinue derrière la brûlure. Vérifie l'EC du drainage — au-delà de 2,5 mS/cm en terre, tu sur-nourris.
Calcium contre magnésium en coco. La fibre de coco retient le potassium et le relâche lentement, tout en fixant calcium et magnésium. Les cultivateurs qui font du coco sans Cal-Mag voient toujours la même cascade : jaunissement internervaire de Mg sur les feuilles du milieu, taches de Ca sur la nouvelle pousse, dans les 2 à 3 semaines après le passage en 12/12. Mets du Cal-Mag dès le premier jour en coco ; ce n'est pas optionnel.
Fade naturel contre carence en azote. À partir de la semaine 5–6 de floraison, les feuilles en éventail jaunissent et tombent, la plante relocalise son azote dans les buds. C'est normal et souhaitable. Si toute la plante jaunit en semaine 3, là c'est une vraie carence. Si seules les feuilles basses pâlissent en semaine 7, laisse tranquille.
Une méthode de diagnostic qui fonctionne vraiment
Avance dans l'ordre, quatre étapes, avant d'acheter une nouvelle bouteille : contrôle du drainage, localisation des dégâts, vérification de l'environnement, puis un seul changement à la fois.

- Mesure le pH et l'EC du drainage. Récupère 50 ml de drainage au prochain arrosage. Ça te dit ce que les racines vivent réellement, pas ce que tu as versé dans le pot.
- Localise les dégâts. Haut, milieu ou bas ? Nouvelle pousse ou ancienne ? Utilise la logique de mobilité.
- Vérifie l'environnement. Une zone racinaire en dessous de 15 °C bloque le phosphore. Une humidité ambiante au-dessus de 70 % réduit la transpiration et ralentit l'absorption du calcium (Hochmuth, 2011).
- Un seul changement à la fois. Tu ajustes le pH, OU tu ajoutes du Cal-Mag, OU tu baisses l'EC — pas les trois en même temps. Attends 4 à 5 jours. Les symptômes s'arrêtent de s'étendre avant que les feuilles abîmées ne récupèrent ; juge sur la nouvelle pousse, pas sur l'ancienne.
L'automne dernier, un cultivateur est venu au magasin convaincu d'avoir une carence mystérieuse en calcium — taches rouille sur la nouvelle pousse, tiges faibles, le tableau complet. Il était passé à l'eau osmosée deux semaines plus tôt sans ajouter de Cal-Mag. Son EC d'entrée était à 0,3. La solution tenait dans une bouteille de Cal-Mag et un pH-mètre recalibré ; les plantes se sont remises en dix jours. Avant de commander des additifs exotiques, un bon pH-mètre et du Cal-Mag feront plus de travail — l'eau osmosée arrache le tampon de ton engrais, donc le Cal-Mag n'est pas un supplément, il fait partie de la nutrition de base. Par rapport à une culture en terre, le coco et l'hydro sont deux fois plus intolérants au dérapage de pH ; l'instrument compte d'autant plus que tu t'éloignes du pot de terreau.
Quand c'est un excès, pas une carence
L'excès d'un nutriment se présente souvent comme la carence d'un autre. Trop d'azote donne des feuilles sombres en griffe et bloque l'absorption du calcium. Trop de potassium bloque le magnésium. Trop de phosphore dans les boosters de floraison peut bloquer le zinc et le fer. Si tu pousses ton EC progressivement et que la plante a plus de symptômes, pas moins, la réponse est presque toujours un rinçage à l'eau pH'ée à EC 0,3–0,5, puis redémarrage de l'alimentation à 60 % de la dose précédente.

Le cannabis s'inflige beaucoup plus de dégâts par suralimentation que par sous-alimentation. Les essais publiés sur différents cultivars montrent une croissance saine sur une plage d'EC de 1,2 à 2,2 mS/cm selon le stade et la génétique (Caplan et al., 2017) — plus haut n'est pas mieux. Les données européennes de l'EMCDDA (2023) confirment par ailleurs que les cultures domestiques problématiques relèvent bien plus souvent d'excès et de déséquilibres que de vraies sous-doses.
Références
- Bugbee, B. (2004). Nutrient management in recirculating hydroponic culture. Acta Horticulturae, 648, 99–112.
- Caplan, D., Dixon, M., & Zheng, Y. (2017). Optimal rate of organic fertilizer during the vegetative-stage for cannabis grown in two coir-based substrates. HortScience, 52(9), 1307–1312.
- EMCDDA (2023). Cannabis cultivation in Europe: developments and policy responses. European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction, Lisbon.
- Hochmuth, G. J. (2011). Plant petiole sap-testing for vegetable crops. University of Florida IFAS Extension, CIR1144.
- Marschner, H. (2012). Marschner's Mineral Nutrition of Higher Plants (3rd ed.). Academic Press.
- Mills, H. A., & Jones, J. B. (1996). Plant Analysis Handbook II. MicroMacro Publishing.
Dernière mise à jour : avril 2026
Questions fréquentes
8 questionsComment distinguer une carence en azote d'un fade naturel de floraison ?
Pourquoi mes plantes montrent-elles des carences alors que je nourris correctement ?
Quelles carences sont les plus courantes en fibre de coco ?
Peut-on réparer une carence une fois les dégâts visibles ?
Que signifient les tiges violettes ou rouges sur le cannabis ?
Faut-il rincer les plantes dès qu'on voit une carence ?
Comment savoir si les symptômes apparaissent sur les nouvelles ou les anciennes feuilles, et pourquoi est-ce important ?
Quelle plage de pH dois-je maintenir pour éviter le blocage des nutriments selon le substrat ?
À propos de cet article
Luke Sholl écrit sur le cannabis, les cannabinoïdes et les bienfaits plus larges de la nature depuis 2011, et cultive personnellement du cannabis dans des tentes de culture domestiques depuis plus d'une décennie. Cette e
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Dernière relecture le 24 avril 2026
References
- [1]Bugbee, B. (2004). Nutrient management in recirculating hydroponic culture. Acta Horticulturae, 648, 99–112.
- [2]Caplan, D., Dixon, M., & Zheng, Y. (2017). Optimal rate of organic fertilizer during the vegetative-stage for cannabis grown in two coir-based substrates. HortScience, 52(9), 1307–1312.
- [3]EMCDDA (2023). Cannabis cultivation in Europe: developments and policy responses. European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction, Lisbon.
- [4]Hochmuth, G. J. (2011). Plant petiole sap-testing for vegetable crops. University of Florida IFAS Extension, CIR1144.
- [5]Marschner, H. (2012). Marschner's Mineral Nutrition of Higher Plants (3rd ed.). Academic Press.
- [6]Mills, H. A., & Jones, J. B. (1996). Plant Analysis Handbook II. MicroMacro Publishing.
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