Le kanna est devenu un favori chez celles et ceux qui recherchent un esprit plus calme, des journées plus douces ou un peu plus de facilité émotionnelle. Mais même quand une plante a une longue histoire culturelle et une réputation d’effets subtils, il est prudent de se demander ce que la science dit réellement de sa sécurité.1
Comprendre les risques potentiels du kanna n’enlève rien à son attrait ; cela vous aide simplement à l’aborder avec confiance et lucidité.
Quels sont les effets indésirables les plus courants avec le kanna ?
Beaucoup de personnes utilisent le kanna sans problème majeur, surtout lorsqu’elles commencent avec de très petites quantités et laissent le temps au corps de s’ajuster. Malgré tout, chaque plante active a ses particularités. Les récits traditionnels comme les études modernes décrivent quelques effets indésirables qui reviennent plus souvent que d’autres. Voyez-les moins comme des signaux d’alerte que comme des messages que votre corps peut envoyer pendant qu’il s’adapte.2
Maux de tête
Certaines personnes ressentent un léger mal de tête sourd, souvent lorsqu’elles utilisent des extraits puissants ou lorsque leur organisme est particulièrement sensible aux plantes sérotoninergiques. Pour la plupart, cela disparaît vite, mais mieux vaut y aller progressivement afin de voir comment votre corps réagit.2
Nausées
Les nausées figurent parmi les effets les plus souvent rapportés. Les préparations traditionnelles fermentaient d’ailleurs le kanna en kougoed, en partie pour adoucir son amertume et limiter l’inconfort digestif. Les extraits modernes varient beaucoup en puissance, ce qui peut expliquer pourquoi certaines personnes ressentent encore une légère sensation de nausée, surtout au début.1
Somnolence
À des quantités modérées à élevées, le kanna peut atténuer l’agitation mentale et amener le corps vers un état plus reposé. Les descriptions historiques mentionnent souvent cette impression de détente progressive, et des analyses modernes évoquent son interaction avec des voies liées au traitement des émotions.6
Variations d’humeur ou irritabilité
Tout le monde ne ressent pas la même stabilité. Certains utilisateurs signalent de brèves phases d’irritabilité ou d’agitation avant de se poser dans un état plus détendu. Ces fluctuations temporaires rappellent à quel point les expériences avec les plantes peuvent varier d’une personne à l’autre.2
Changements d’appétit
Dans l’usage traditionnel, des chasseurs et des voyageurs s’appuyaient sur le kanna pour atténuer la faim et la soif lors de traversées longues et éprouvantes. Certains utilisateurs actuels remarquent encore un appétit plus discret ou de légers changements digestifs.1
Risques rares ou plus sérieux
Les risques rares ne sont pas fréquents, mais il est important de les comprendre, surtout si vous prenez des médicaments ou si vous gérez un problème de santé.3
Syndrome sérotoninergique (en cas de mélange avec des antidépresseurs)
Comme le kanna agit sur les voies de la sérotonine, l’associer à des ISRS, des IRSN, des IMAO ou à d’autres médicaments sérotoninergiques peut augmenter le risque de syndrome sérotoninergique.3
Cette situation peut être dangereuse et, même si les signalements en lien avec le kanna sont plutôt théoriques que cliniques, le chevauchement des mécanismes implique de prendre ce risque au sérieux. Pour beaucoup, c’est la considération de sécurité la plus importante avec le kanna.3
Effets cardiovasculaires
Quelques études contrôlées ayant surveillé les signes vitaux ont relevé de légères variations de la fréquence cardiaque ou de la tension artérielle chez certains participants. Cela ne signifie pas que le kanna est mauvais pour le cœur, seulement que les personnes ayant des préoccupations cardiovasculaires devraient avancer avec prudence et éviter les extraits très concentrés.4
Effets psychologiques chez les personnes sensibles
La plupart des utilisateurs décrivent un apaisement ou une meilleure clarté, mais certains, surtout à des doses plus élevées, peuvent se sentir temporairement surstimulés ou plus sensibles émotionnellement. Voyez cela comme un kanna qui « parle un peu trop fort » pour certains systèmes nerveux.6
Y a-t-il des effets à long terme liés à un usage répété du kanna ?
C’est un domaine où la science est encore en train de rattraper son retard. La plupart des études chez l’humain portent sur un usage à court terme ou aigu, ce qui laisse les effets à long terme assez ouverts. D’après ce que l’on sait à ce jour :
- Aucune toxicité grave n’a été observée dans les essais de courte durée.4
- Une tolérance peut se développer en cas d’usage fréquent, ce que les utilisateurs mentionnent souvent de manière informelle.4
- Le kanna traditionnel était le plus souvent du kougoed fermenté, et non les extraits concentrés courants aujourd’hui ; la chimie peut donc différer.1
En attendant davantage de données, beaucoup préfèrent un rythme doux : de petites quantités régulières, des pauses occasionnelles, et le fait de faire le point avec soi-même au fil du temps.
Le kanna peut-il interagir avec des médicaments ou des compléments ?
Oui, et c’est précisément là que la prudence devient essentielle. Les interactions comptent autant que la plante elle-même.3
ISRS, IRSN, IMAO et autres antidépresseurs
Le kanna influence la sérotonine, et les antidépresseurs aussi. Les associer peut augmenter le risque de syndrome sérotoninergique. Pour cette raison, les personnes sous antidépresseurs devraient éviter le kanna, sauf avis et suivi d’un professionnel de santé.3
Stimulants (caféine, boissons énergisantes, traitement du TDAH)
Certaines personnes se sentent un peu plus « activées » ou nerveuses lorsque le kanna se combine à des stimulants. Ce n’est généralement pas dangereux, mais cela peut être inconfortable.6
Alcool ou sédatifs
Comme le kanna peut favoriser la détente, le combiner avec de l’alcool ou des plantes sédatives peut accentuer la somnolence. Les usages traditionnels séparaient généralement le kanna des intoxicants.1
Le kanna fait-il échouer un test de dépistage ?
Beaucoup de personnes s’en inquiètent, surtout dans un contexte professionnel. La réponse courte : le kanna n’est pas une substance recherchée par les tests de dépistage standard, y compris la plupart des panels courants à 5 substances (THC, cocaïne, amphétamines/méthamphétamine et opiacés). Cependant, les protocoles varient.5
- Certains employeurs utilisent des panels élargis
- Des laboratoires spécialisés peuvent rechercher presque n’importe quoi
- Les métabolites des plantes ne sont pas compris de façon uniforme selon les systèmes de dépistage
Donc, même s’il est peu probable que le kanna pose problème, aucune garantie générale ne peut être donnée.
Recommandations de dosage sûres
Chaque produit au kanna a sa propre « personnalité » : gélules, tisanes, plantes fermentées, extraits standardisés en puissance… et chacun se ressent différemment dans le corps. Une approche prudente reste donc toujours conseillée.4
Voici quelques principes généraux :
- Commencez par la plus petite quantité disponible. Laissez à votre corps le temps de s’adapter à la plante.
- Augmentez lentement, et seulement si nécessaire. Aller trop vite mène souvent à de l’inconfort.
- Si vous êtes sensible, privilégiez des préparations plus douces, type kougoed. Ces formes préparées traditionnellement peuvent offrir une introduction plus légère.
- Faites des pauses. Même une simple pause le week-end peut aider à éviter la tolérance et à mieux comprendre comment le kanna vous affecte.4
En plus de garder ces principes importants en tête, vous pouvez aussi explorer différents formats :
- Gélules : le plus simple pour suivre la régularité.
- Tisanes : montée plus douce, souvent plus tolérante.
- Extraits : plutôt pour les utilisateurs expérimentés ou ceux qui suivent des recommandations strictes.
Le kanna est-il sûr pour tout le monde ?
Le kanna a une longue histoire d’usage, mais cela ne signifie pas automatiquement qu’il convient à tous les corps ni à toutes les situations de santé. Il peut ne pas convenir aux personnes qui sont :
- Enceintes ou allaitantes
- Sous ISRS, IRSN, IMAO ou autres médicaments sérotoninergiques
- Suivent un trouble bipolaire, une schizophrénie ou d’autres troubles psychiatriques instables
- Vivent avec des problèmes cardiovasculaires
- Sujettes à l’hypotension ou aux malaises
- Concernées par des troubles digestifs persistants3
Le kanna peut-il entraîner une dépendance ou un sevrage ?
Le kanna n’est pas connu pour provoquer une dépendance physiologique dans les études chez l’humain. Mais une forme de dépendance émotionnelle ou d’habitude, surtout si vous l’utilisez pour « lisser » chaque moment de stress, reste possible.4
Certaines personnes peuvent remarquer une légère remontée de la tension si elles arrêtent brusquement après un usage prolongé. C’est simplement votre corps qui se rééquilibre.
Kanna : faire un choix éclairé
Le kanna a parcouru un long chemin culturel avant d’arriver sur les étagères modernes des plantes. Son histoire appartient à des communautés autochtones qui en comprenaient les forces et les limites bien avant que la science clinique ne commence à l’étudier. L’aborder avec ce même respect, et en tenant compte de votre propre santé, peut rendre l’expérience non seulement plus sûre, mais aussi bien plus riche de sens.1
Une approche attentive inclut généralement :
- Commencer avec la plus petite quantité possible
- Éviter toute association avec des antidépresseurs
- Choisir des produits testés par des laboratoires tiers et issus de filières éthiques
- Observer comment votre humeur, votre sommeil et votre état physique réagissent
- Faire des pauses pour éviter la tolérance
- Demander un avis médical en cas de doute
Le kanna peut trouver une place douce dans une routine de bien-être, mais comprendre ses risques est aussi précieux que d’apprécier ses bénéfices potentiels. Si vous décidez de l’explorer, allez lentement, écoutez votre corps et accordez à cette plante culturellement importante l’attention et le soin qu’elle mérite.
Références
- Smith MT, Crouch NR, Gericke N, Hirst M. Psychoactive constituents of the genus Sceletium. J Ethnopharmacol. 1996;50(3):119-130. doi:https://doi.org/10.1016/0378-8741(96)01337-3. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8697136/ ↩︎
- National Center for Biotechnology Information. Sceletium tortuosum. PubChem Compound Summary. Updated 2023. https://pubchem.ncbi.nlm.nih.gov/compound/Sceletium-tortuosum ↩︎
- U.S. Food and Drug Administration. Serotonin syndrome. FDA Drug Safety Communication. Updated 2022. https://www.fda.gov/drugs/drug-safety-and-availability/serotonin-syndrome ↩︎
- Terburg D, Smeets PAM, van den Boomen C, et al. Acute effects of Sceletium tortuosum (Zembrin®) on mood and anxiety in healthy adults. J Psychopharmacol. 2013;27(12):1138-1147. doi:https://doi.org/10.1177/0269881113503507. https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0269881113503507 ↩︎
- Substance Abuse and Mental Health Services Administration. Mandatory Guidelines for Federal Workplace Drug Testing Programs. Updated 2020. https://www.samhsa.gov/workplace/drug-testing ↩︎
- Harvey BH, Young RM, Viljoen F. Pharmacological actions of Sceletium tortuosum in the central nervous system. Prog Brain Res. 2017;236:151-168. doi:https://doi.org/10.1016/bs.pbr.2017.06.007. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0079612317300933 ↩︎







